Le Méta lance la saison 25/26 dans ses nouveaux locaux à Poitiers

Le Méta a lancé sa nouvelle saison le mardi 16 septembre 2025. Les invités ont pu découvrir, en même temps que la programmation, les nouveaux locaux à Poitiers. Implanté sur le campus universitaire, ils offrent de nouvelles perspectives créatrices et de bonnes conditions d'accueil pour les artistes. Mathilde Gaillard, attachée de communication, a accepté de répondre à quelques questions.

Longtemps sans lieu, Le Méta dispose désormais à Poitiers de nouveaux locaux situés sur le campus universitaire. La présentation de la nouvelle saison 25/26 devant les professionnels, les partenaires et le public a été vécue comme un moment symbolique pour l'équipe de Pascale Daniel-Lacombe. Au cours d'une mise en scène savamment orchestrée entre la directrice et l'artiste Pascal Sangla, le public a découvert une saison axée sur l'idée de transformation, de métamorphose et d'hospitalité dans un lieu qui change tout en matière de programmation et d'accueil des artistes. Pour en savoir davantage, Mathilde Gaillard, attachée de communication, a répondu à quelques questions afin de revenir sur le choix d'implantation des nouveaux locaux et sur l'organisation de la soirée de présentation.

1) Une première saison dans le nouvel endroit, qu'est-ce que ça change ? Est-ce à dire plus de liberté car vous êtes dans vos locaux et cela permet donc des aménagements plus personnalisés en fonction des différents spectacles proposés ?

« Cette première ouverture de saison dans notre nouveau lieu change beaucoup de choses après avoir été le seul Centre Dramatique National sans lieu en France.
Pour nous c'est un moment symbolique fort : nous nous implantons sur le campus de l'université, dans un espace pensé pour accueillir la création, le public et les artistes dans les meilleures conditions. Cela nous donne évidemment une plus grande liberté, notamment technique et scénographique. On peut imaginer les aménagements au plus près des besoins des spectacles, adapter les espaces, penser la relation avec le public autrement, et travailler plus en profondeur sur l'accueil des compagnies en résidence. 
Ce n'est pas uniquement une liberté « pratique » : c'est aussi une liberté artistique. Le Méta Up est pensé comme un véritable outil de travail, un terrain d'expérimentation. Il nous permet de penser une programmation plus ouverte, plus ancrée dans le territoire, et de renforcer nos liens avec les étudiant·es, les chercheur·ses, et l'ensemble d'acteur·ices du campus. Pour toute l'équipe du Méta, c'est un nouveau chapitre, qui ouvre des perspectives passionnantes. »

2) La présentation était elle-même une sorte de spectacle sous la forme d'un dialogue entre la directrice et l'artiste présent. Est-ce pour capter davantage l'auditoire ? Comment une telle mise en scène se prépare-t-elle en amont ? Par exemple, au Poitiers Film Festival, les équipes du TAP procèdent à un filage bien avant la présentation.

« On peut dire que la présentation de saison est pensée comme une forme de spectacle en soi. Le choix du dialogue entre la direction et l'artiste invité, c'est une manière de rendre le moment plus vivant, plus incarné, mais aussi plus accessible. L'idée, c'est vraiment d'éviter une liste froide de spectacles, et de donner à voir la pensée, les envies, les questionnements qui traversent la saison du Méta. Depuis le premier mandat de Pascale Daniel-Lacombe à la tête du CDN, toutes les présentations de saison ont été accompagnées par l'artiste associé Pascal Sangla, c'est un duo qui fonctionne. 
Et oui, bien sûr, ça se prépare. Peut-être pas avec un filage aussi rigoureux qu'au TAP pour le Poitiers Film Festival, mais il y a un vrai travail en amont : des échanges entre Pascale Daniel-Lacombe et Pascal Sangla sur le ton à donner à la soirée, leur texte, des répétitions, des choix de rythme, de ton... C'est une soirée importante pour nous, c'est la première rencontre avec le public autour de la saison, on aime que cela soit un moment convivial pour toustes. »

3) Avoir des locaux identifiés pour la première fois à Poitiers est-ce une meilleure chance de fédérer les professionnels, les partenaires et le public ?

« Avoir enfin un lieu identifié change tout. Jusqu'à maintenant Le Méta était accueilli par d'autres structures culturelles de la Ville de Poitiers, que nous remercions chaleureusement.
Que Le Méta possède enfin une adresse, cela créé un repère stable pour les professionnels du secteur, les partenaires culturels, institutionnels, mais aussi et surtout pour le public. 
La soirée de présentation de saison est un moment clé pour activer cette dynamique : on découvre un lieu, mais aussi une équipe présente lors de la soirée pour échanger avec le public. Le. Le fait d'être sur un campus universitaire, c'est inédit en France pour un Centre Dramatique National, et c'est un vrai atout pour Poitiers qui permet de créer des passerelles uniques entre la création artistique, la recherche et la jeunesse. On est au cœur d'un écosystème foisonnant, avec un potentiel incroyable en termes de collaborations et d'échanges. »

4) Au niveau de la programmation, quels choix avez-vous faits ? Y a-t-il un fil conducteur ?

« La saison 25/26 marque une grande étape pour Le Méta : c'est la première dans notre maison de création, et cela se reflète dans nos choix artistiques. Le fil conducteur, c'est cette idée de transformation, de métamorphose, mais aussi d'hospitalité — au sens fort, politique et poétique du terme. Après un premier mandat de Pascale Daniel-Lacombe placé sous le signe de la vulnérabilité, cette saison s'inscrit dans la continuité d'un projet qui choisit d'accueillir les fragilités du monde pour en faire un espace de création, de pensée et de partage. Nous avons donc imaginé une programmation à l'image de ce nouveau lieu : ouverte, reconfigurable, vivante. 
Une ronde d'artistes, certains fidèles compagnons de route, d'autres nouveaux visages, compose cette saison. Leurs spectacles interrogent le monde qui vient, nos liens aux autres, les récits qui nous traversent et ceux que nous voulons transmettre. Ce qui guide nos choix, c'est aussi la volonté de rester proches des gens : des publics, des partenaires, du territoire, et bien sûr du campus qui nous accueille. La saison s'est construite en pensant aux croisements possibles, aux échanges à initier, aux formes à inventer pour habiter pleinement cette nouvelle maison. On avance peut-être encore un peu en tâtonnant, mais avec la conviction que ce lieu peut devenir un carrefour sensible et fédérateur. »

EXPLORE le Mag remercie Mathilde Gaillard (ci-dessous en haut à gauche sur la galerie photos) d'avoir pris le temps de nous répondre. Vous pouvez trouver plus d'informations sur le site web du Centre Dramatique National Poitiers Nouvelle-Aquitaine Le Méta Up.

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Frédéric Mineur
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