C'est avec une infinie tristesse que nous venons d'apprendre le décès de l'auteur de bandes dessinées Jean-Benoît Meybeck à l'âge de 53 ans. D'abord graphiste, il était revenu à la bande dessinée à travers un blog en 2010. En 2012, il avait été sélectionné au concours Jeunes Talents du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême. Il était également un auteur engagé pour le droit des migrants. Nous tenons à lui rendre hommage à travers un interview qu'il avait donné au FIBD en 2014.
Né à Grenoble la même année que le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, Jean-Benoît Meybeck y sera exposé près d'une quarantaine d'années plus tard, alors primé au concours Jeunes Talents du festival. L'année suivante, en 2013, il obtient le master en bande dessinée de l'université de Poitiers et il publie dans la foulée, en 2014, son premier livre. En parallèle, Jean-Benoît Meybeck était un auteur engagé pour le droit des migrants. En 2008, il avait créé le collectif Tournefeuille Sans Papiers. Sa bande dessinée CRA - Centre de Rétention Administrative se déroule dans le cadre de ce collectif.

Le label Jeunes Talents, un tremplin
« Je n'avais pas réalisé mon rêve d'enfant, c'est-à-dire faire de la bande dessinée. » Graphiste depuis quelques années, il avait toujours cette idée de faire de la bande dessinée « tard ». Le temps filant à vitesse grand V, il devenait urgent pour lui de toucher des doigts ce rêve longtemps laissé de côté. C'est la raison pour laquelle Jean-Benoît Meybeck avait alors ouvert un blog en 2010. Il y postait ses anciennes créations et ses projets à venir. En 2011, il participe au concours Jeunes talents du festival d'Angoulême. « Être sélectionné à ce concours m'a vraiment boosté ». Il avoue que mettre un gros badge « Jeunes talents » a poussé les éditeurs à regarder ses projets avec plus d'attention.
L'immigration, un thème fort pour Jean-Benoît Meybeck
« Dans beaucoup de bandes dessinées que j'ai réalisées, le but était surtout de distraire, de faire rire, de faire rêver ou même un peu réfléchir, mais pas forcément de laisser un message. » Cependant, engagé dans le collectif Tournefeuille Sans Papiers depuis 2008, l'idée de raconter la vie de ces personnes qui ont des histoires incroyables à raconter était devenue comme une évidence. « À force de les écouter, on peut se demander à quoi bon inventer des fictions, alors que le réel est si fort, si intéressant. » Sans vouloir être donneur de leçon ou paraître présomptueux, Jean-Benoît Meybeck a tenté de retranscrire les expériences de ces personnes qui traversent bien des péripéties. « Après, à chacun de se faire son idée ou d'en tirer ses conclusions. » Il a essayé de glisser de l'humour et de la légèreté « mais cela l'était rarement ».
Jean-Benoît Meybeck avait encore plein de projets, notamment sa série de bande dessinées scientifiques, Épistème. Eurêrka, en collaboration avec Pascal Marchand, professeur à l'université de Toulouse III Paul-Sabatier. Toutes nos pensées vont vers ses proches, ses amis et tous ceux qui suivaient sa chaîne Twitch.
Source des propos de l'interview : https://www.bdangouleme.com/jean-benoit-meybeck-signe-cra







