Le mardi 25 mars 2025 quatre étudiants en troisième année de licence de droit à l'université de Poitiers ont organisé un procès fictif dans le cadre de leur projet tutoré. L'exercice a permis aux candidats sélectionnés de pouvoir revêtir la robe d'avocat le temps de leur plaidorie.
« Madame Pervenche a-t-elle tué le colonel Moutarde ? » C'est ce que neuf étudiants principalement de droit ont tenté de démontrer ou non au cours d'un procès fictif organisé au palais de justice de Poitiers. À l'organisation, quatre étudiants de troisième année de licence de droit. Plaider en robe d'avocat, même pour un projet tutoré de Licence 3, était assez exceptionnel pour ces étudiants qui n'en sont qu'au début de leurs études. Rien n'aurait été possible sans la collaboration de Monsieur Florian OTT, chef de cabinet de la première présidence de la cour d'appel de Poitiers.
Un projet tutoré
« Nous sommes en L3 de droit et dans le cadre de nos études, nous devons valider un projet tutoré. Depuis septembre 2024, nous avons décidé d'organiser un procès fictif à la cour d'appel de Poitiers. Nous avons décidé de mettre en scène encore une fois la mort du colonel Moutarde qui a été sauvagement assassiné dans la contrée poitevine », explique Glenn Biyogho, étudiant en droit public. « C'est l'occasion de donner une opportunité aux étudiants d'exercer leur éloquence », renchérit Sérine Belarouci, en droit privé. Cloé Magneron, étudiante en droit, parcours carrières judiciaires, et Fatima Bersgui, étudiante en droit privé, sont les deux autres co-organisatrices du projet. « Ils sont neuf candidats à se présenter, neuf candidats de la L1 à la L3, du droit à la sociologie, qui ont décidé de porter la robe », déclare Glenn Biyogho à l'ouverture du procès fictif. De vingt candidats, ils ne sont donc plus que neuf. Trois remporteront le prix final. « Nous sommes réunis pour écouter la plaidoirie-réquisition pour ensuite déterminer la séléction », explique Delphine Roudière, magistrate, tout en précisant que « selon les règles du jeu, chaque intervenant aura dix minutes, le chrono étant soigneusement respecté ».
Un procès, des avocats
Avant le procès fictif, Glenn Biyogho a rappelé l'ordre de passage : « La première personne à passer sera l'avocat de la partie civile, puis l'avocat général - le procureur - et l'avocat de la défense. » En effet, lors d'un procès, trois parties s'affrontent. « L'avocat de le partie civile défend les intérêts civils des ayants droit de la victime ou de la victime elle-même, si ce n'est pas un meurtre. L'avocat général ou procureur énonce les charges retenues contre l'accusé et demande la peine, qui sera ensuite prise en compte par le jury. Quant à l'avocat de la défense défend l'accusé », précise Cloé Magneron.
Les acteurs du procès fictifs
Les membres du jury :
Florian Ott,
Angélique Bourdel, psychologue,
Delphine Roudière, magistrate
Théo Giraud, étudiant de Master 2 criminologie
Un membre du public.
Les candidats :
Groupe 1 :
partie civile : Nina Fleury-Panel (l3 sociologie, partie civile groupe 1),
avocate générale : Sarah Moulai, (l3 droit public, avocate générale groupe 1),
avocat de la défense : Amaury Caillias Laporte (l2 de droit, avocat de la défense groupe 1).
Groupe 2 :
partie civile : Fabian Avenet (l3 droit privé). Avocate générale :
avocate générale : Lilou Murer (l3 droit privé) et avocat de la défense :
avocat de la défense : Clément Charpentier (l3 droit privé)
Groupe 3, les gagnants :
partie civile : N'soukpoe Henock (l1 droit),
avocate générale : Chabauty Elia (l3 carrière judiciaire),
avocat de la défense : Croizard Matisse (l3 carrière judiciaire).
« Il est effectivement assez rare, même pour des étudiants en droit, de venir assister à un procès », a souligné Glenn BIYOGHO, porte-parole des quatre étudiants organisateurs du projet tutoré. Il espère d'ailleurs que ce projet monté de toute pièce, une première, se poursuivra les années à venir. « Nous avons aussi voulu montrer que le palais de justice n'était pas un lieu fermé. En témoignent les expositions dans la salle des pas perdus, comme celle de la photographe Camille Gharbi en novembre 2024. »
Vous pouvez retrouver bientôt l'ensemble des plaidoiries sur la chaîne youtube d'EXPOLORE le Mag.