SimLife, une opération presque réelle

À Poitiers, le système SimLife permet de pratiquer des opérations de chirurgie sur des corps donnés à la science. Élaboré à Poitiers par les Professeurs Jean-Pierre Richer et Jean-Pierre Faure du laboratoire d'anatomie, l'ABS Lab, le procédé connaît une renommée nationale et internationale. Entretien avec le Professeur Jean-Pierre Faure.

« En France, tous les laboratoires d'anatomie sont associés à un centre de don du corps. » À l'université de Poitiers, l'ABS Lab connaît une renommée nationale et internationale grâce au système SimLife, qui permet de retrouver un certain réalisme sur des modèles dits « pré-cliniques » pour des formations en chirurgie ou en médecine interventionnelle.

Le Professeur Jean-Pierre Faure
Le Professeur Jean-Pierre Faure est le directeur de l'ABS Lab, le laboratoire d'anatomie de l'Université de Poitiers.

L'ABS Lab, le laboratoire d'anatomie de l'université de Poitiers

« Ici, nous sommes à l'UFR Santé, puisque depuis l'universitarisation des professions paramédicales, l'UFR Santé comprend toutes les formations en santé », précise le Professeur Jean-Pierre Faure. En France, les laboratoires d'anatomie sont rattachés à des centres de don du corps. C'est à l'ABS Lab que cela s'effectue. « A » pour « Anatomie », « B » pour « Biomécanique », dont l'équipe se trouve au laboratoire PPrime, sur le site du Futuroscope. « Pour pouvoir travailler, les chercheurs dédiés à PPrime ont besoin de modèles pour travailler, pour vérifier leur théories », précise Jean-Pierre Faure. « S » pour « Simulation ». « La simulation est devenue incontournable dans les formations en santé. Pour preuve maintenant, même les étudiants ont des épreuves en simulation. Le concours d'internat de la sixième année de médecine s'effectue d'ailleurs désormais en simulation. C'est devenu la règle et cela se poursuit les années de formation qui suivent. »

« Jamais la première fois sur le patient »

« Les formations par simulations prennent différentes formes. Pour apprendre à prendre une tension, par exemple, on peut le faire sur un camarade de promo. Il est possible d'apprendre à poser une perfusion sur un bras de perfusion en plastique. Des mannequins de simulation sophistiqués permettent de pratiquer le massage cardiaque en bénéficiant d'un feed-back. Ainsi, plus on s'approche de spécialités interventionnelles, où il faut interagir de façon intime avec le corps comme la chirurgie, plus il faut des modèles qui se rapprochent du réalisme du bloc opératoire. « Jamais la première fois sur le patient » reste le mot d'ordre en formation en santé. C'est la raison pour laquelle, avec le Professeur Jean-Pierre Richer, nous avons mis au point le système SimLife, de manière à travailler sur des modèles dits " pré-cliniques ". Le but était donc de former en chirurgie, en médecine interventionnelle, et de travailler ainsi sur des modèles se rapprochant des caractéristiques de bloc opératoire. »

Remplacement d'une valve aortique
Remplacement d'une valve aortique.

Le système SimLife

« Historiquement, les conservations de corps dans les centres de don du corps se faisaient par embaumement avec du formol. En gros, on momifie les corps. L'inconvénient, c'est qu'on obtient un aspect cartonné, trop rigide. C'est assez peu réaliste pour faire de la chirurgie. Il nous fallait trouver quelque chose qui redonne du réalisme comme au bloc opératoire. Et là a émergé l'idée de faire un système où on puisse retrouver, par exemple dans les artères, un flux de liquide qui mime le sang et qui soit pulsatile, de manière à avoir un pouls et un retour par les veines, comme une physiologie normale. On a imaginé un système, SimLife, qu'on a créé ici à l'ABS Lab. Ainsi, dans les artères et dans les veines principales du sujet, on pose des canules qui vont permettre de connecter le corps à une machine qui va envoyer un liquide rouge réchauffé de façon pulsatile dans les artères et récupéré dans les veines. On mime ainsi une circulation sanguine, qui permet de retrouver un certain réalisme. »

Les journées de formation en chirurgie cardio-thoracique

Grâce au Professeur Christophe Jayle, nous avons pu passer les portes du laboratoire lors des journées de formations nationales en chirurgie cardio-thoracique. Elles ont lieu deux fois par an, en mars et en octobre. Douze internes en binôme pratiquent, sous l'œil attentif d'un encadrant, une opération de A à Z. Ici, tout est mis en place pour qu'ils puissent travailler dans des conditions réelles de bloc opératoire. Des infirmières et des infirmiers de bloc opératoire mais également des étudiants en monitorat sont là pour les assister.

Christophe Jayle, ABS Lab
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Frédéric Mineur
Journaliste - Réalisateur
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