Les 450 élèves de l’Institut Agro d’Angers organisent les 50 ans de l’Expo Flo

Les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 mars 2026 l'Institut Agro Rennes-Angers a accueilli dans ses murs sa 24e exposition florale. L'Expo Flo, qui fêtait à l'occasion ses 50 ans, a mobilisé les 450 étudiantes et étudiants de l'établissement d'Angers. Ensemble ils ont imaginé un parcours végétal des plus variés avec pour thème « Le Voyage de la Graine ». Tel un explorateur, le public a pu découvrir « les méthodes d'adaptation des végétaux, mais surtout l'interaction entre l'homme et l'environnement dans les différents climats présents sur la planète ».

L'Expo Flo est une véritable institution depuis 50 ans. L'évènement, qui se déroule tous les deux ans, mobilise les étudiantes et les étudiants de l'établissement mais aussi ceux d'organisations extérieurs comme la Hochschule Weihenstephan-Triesdorf à Freising en Allemagne ou encore l'UFEP, l'Union Francophone des Étudiants du Paysage. Pour l'édition 2026, les 450 étudiantes et étudiants de l'Institut Agro ont proposé un parcours à travers les différents continents pour mieux appréhender les méthodes d'adaptation des végétaux présents sur le globe terrestre. Dès son arrivée à l'Expo Flo, le public pouvait voir un panneau intitulé « Le Voyage de la Graine », thème retenu pour cette 24e édition. Tel un aventurier, le public allait ainsi pouvoir partir sur les traces des végétaux à travers les continents. Alors « Viens, on sème ! ».

Le Voyage de la Graine

Les végétaux sont présents partout sur le globe terrestre et « cela fait plus d'un milliard d'années, après l'apparition des premières algues photosynthétiques, que les végétaux évoluent et s'adaptent à leur environnement ». Telle était la volonté des 450 étudiantes et étudiants de l'Institut Agro d'Angers de montrer à travers l'Expo Flo cette diversité des végétaux. Le public a pu en prendre plein les yeux dans ce parcours aussi bien sensoriel que pédagogique en parcourant les nombreuses salles de l'établissement présentant chacune une thématique particulière.

Retour en images de l'Expo Flo 2026.

Dans le hall d'entrée, le public pouvait prendre conscience de l'impact de la déforestation sur l'environnement, par exemple. En déambulant dans un long couloir imaginé par les élèves, il était possible de découvrir tour à tour l'utilisation de certains légumes comme instruments « naturels » de musique, mais aussi les conséquences néfastes de la Saint-Valentin. Les élèves ont voulu aussi montrer le côté parfois peu réjouissant de ce qui nous paraît d'emblée beau, comme le fait que les Pays-Bas soient la plaque tournante mondiale du transport de fleurs coupées. La production de cacao ou encore la question du luxe n'étaient pas en reste non plus dans l'une des salles au deuxième étage. D'autres pièces présentaient une thématique plus scientifique, telle les particularités odorantes de certaines plantes ou encore la toxicité de certaines plantes. Ainsi, qu'il s'agisse de l'intervention humaine ou de l'adaptation des végétaux eux-mêmes, tout avait été pensé pour que le public puisse autant s'émerveiller que s'instruire tout au long de ce formidable parcours retraçant le « voyage de la graine ».

Une organisation à la hauteur de l'évènement

Si l'Expo Flo n'a lieu que tous les deux ans, c'est pour laisser le temps aux étudiantes et aux étudiants de faire pousser les plantes dans les serres pédagogiques. Pas loin de 20 000 plantes ont ainsi servi à la confection des décors. Même si l'évènement ne compte pas dans le cursus en lui-même, comme nous l'a expliqué Teddy Le Corre, en charge de la communication, l'Expo Flo est un élément fédérateur au sein de l'établissement. Il faut savoir que c'est l'une des associations étudiantes les plus importantes d'Angers. Le conseil d'administration est composé à lui seul d'une cinquantaine d'élèves et les 450 élèves se répartissent en 18 secteurs. De septembre à janvier, ils travaillent sur la phase de conception. Durant cinq mois, les élèves conçoivent les plans masses, les plans de plantations, les schémas techniques ou encore les vues en 3D. Puis de février à mars, ils préfabriquent les différents éléments.

Teddy Le Corre, notre guide le dimanche matin.

La semaine qui précède l'évènement est la plus intense pour les étudiantes et les étudiants, puisqu'ils mettent tout se met en place à ce moment-là. Dès le samedi, ils procèdent au maquettage de toute l'école, puis du lundi au jeudi, ils entrent dans le vif du sujet, avec l'installation à proprement parler. Le vendredi matin, ils ajustent les dernières finitions, avant l'inauguration en présence du directeur de l'Institut Agro, du président de l'association Expo Flo et des officiels. Telle une mécanique bien huilée, les étudiantes et les étudiants opèrent de concert pour un seul but commun : faire en sorte que le public vive une expérience sensorielle et pédagogique la plus agréable possible. Rien n'est laissé au hasard. Durant le week-end de l'exposition, ils se mettent en quatre pour vous. Tous les échanges se font dans le calme et la bienveillance. Il faut dire qu'ils s'y sont préparés depuis des mois, voire des années, puisque les chefs de pôles sont recrutés dès leur première année, ce qui leur permet de maîtriser au mieux leur sujet le jour J.

Des étudiants d'Angers et d'ailleurs

Si la majorité des étudiantes et des étudiants présents à l'Expo Flo sont issus de l'Institut Agro d'Angers, quelques étudiants, comme Mahé et Alessandro sont venus de Rennes pour présenter une salle dédiée à l'extraction minière et à ses conséquences sur les végétaux.

Alessandro et Mahé sont étudiants sur le campus de Rennes.

Hina et ses camarades venus d'Allemagne ont réalisé une exposition sur la production du cacao, afin de montrer ses effets néfastes sur l'environnement.

Hina est spécialement venue d'Allemagne avec ses camarades.

Louis de l'Ufep, l'Union Francophone des Étudiants du Paysage, a mis en scène avec d'autres membres de son association le voyage d'une navigatrice et les souvenirs qu'elle a rapportés de ses différentes expéditions.

Louis et les membres de l'UFEP ont imaginé l'album souvenir d'une navigatrice.

Quant à Nina, étudiante première année d'horticulture à l'Institut Agro d'Angers, elle a présenté une salle consacrée aux plantes toxiques.

Nina, du campus d'Angers, a présenté les plantes toxiques.

Enfin Juliette, étudiante en Master 1 à Angers, a proposé au public un petit atelier sensoriel avec quelques plantes odorantes.

Juliette, du campus d'Angers, a fait découvrir quelques plantes odorantes.

Tour à tour les élèves se sont relayés à différents postes. C'est le cas de Margaux, étudiante allemande, qui a occupé l'un des nombreux points informations pour renseigner le public.

Margaux, venue d'Allemagne, a aussi tenu l'un des nombreux points info de l'Expo Flo.

Une série de conférences diverses et variées

Plusieurs conférences ont plus particulièrement retenu l'attention du public. L'auteur Étienne Davodeau est venu débattre de l'anthropocène. La botaniste Vanessa Hequet de l'équipe PlantNet de Montpellier et Valéry Malécot, enseignant à l'Institut Agro Rennes Angers, ont expliqué les dessous et toute la richesse de l'application PlantNet, très utilisée par les amateurs comme les professionnels pour la reconnaissance des végétaux. N'hésitez pas vous aussi à utiliser cet outil de science participative gratuit et francophone ! Fabien Esculier, chercheur à l'Ecole des Ponts de Chaussées, a exposé des initiatives aussi innovantes qu'étonnantes pour recycler les urines et les matières fécales de façon totalement durable : à l'heure où les approvisionnements en engrais peuvent devenir plus problématiques la question devient cruciale aujourd'hui.

Un débat autour de l'anthropocène avec l'auteur de bandes dessinées Étienne Davodeau

Pour cette 24e édition de l'Expo Flo, et comme les précédentes éditions, de nombreuses conférences ont jalonnée les trois jours d'exposition. Une a particulièrement retenu l'attention du public. L'auteur de bande dessinée Étienne Davodeau était l'invité du dimanche pour participer à une conférence sur l'anthropocène.

Avant de poursuivre plus en avant, il est important de rappeler ce qu'est l'anthropocène. Jean-Baptiste Fressoz, intervenant, nous en donne une définition détaillée : « L'anthropocène, c'est une proposition faite par des scientifiques dans les années 2000 qui consiste à dire que ce qu'on vit n'est pas une crise environnementale, mais c'est un changement d'époque biologique. L'enjeu, c'était de comparer ce qu'on a fait sur la planète depuis la révolution industrielle aux grands évènement géologiques du passé. Finalement, pour trouver quelque chose qui agit aussi fortement sur la planète que nous-mêmes, il faut remonter à des époques de temps très anciennes. Le plus connu, c'est sans doute la concentration de CO2 dans l'atmosphère. Il n'y a jamais eu autant de CO2 qu'il y a trois millions d'années. Ainsi, ce qu'on a fait en quelques décennies est quelque chose de remarquable, y compris à l'échelle des temps géologiques »

Dans sa bande dessinée « Le droit du sol », Étienne Davodeau revient sur le nucléaire et sur le projet de Cigéo (Centre Industriel de stockage GÉOlogique) à Bure. « Comme le dit Bernard Laponche[1], le nucléaire, c'est un très bel appartement sans toilette et rapidement la merde déborde. Ça fait depuis les années 1970 qu'on produit des déchets nucléaires et il faut les mettre quelque part ».

Étienne Davodeau est revenu sur les conséquences néfastes du nucléaire.

« À Bure, il s'est trouvé qu'il y avait moins de monde pour résister. » Pour l'heure, le projet de Bure reste un projet. La galerie déjà creusée n'est là qu'à titre expérimental. Cependant l'enquête d'utilité publique prévue dans les mois à venir vient d'être avancée car il est urgent pour les autorités de trouver un nouveau site d'enfouissement des déchets nucléaires. « Le chantier est censé durer 130 ans, autant dire que nous n'en verront pas la fin ». La pression est telle que les fouilles sont permanentes. « Quand je vais à Bure, systématiquement je me fais contrôler et ma voiture est fouillée de fond en comble. Les gens qui vivent sur place se font arrêter plusieurs fois par semaine ». Le trou de 500 mètres est impératif, ce qui exige tous ces moyens de répression.

L'Institut Agro par Dominique Vollet, directeur du campus d'Angers

Lors de notre visite à l'Expo Flo, nous avons rencontré Dominique Vollet. Adjoint au directeur de l'Institut Agro Rennes-Angers, il est aussi directeur du campus d'Angers et directeur de la recherche de l'école. L'Institut Agro Rennes Angers est une grande école publique d'ingénieurs, placée sous la tutelle du ministère de l'Agriculture, qui forme à Angers, des ingénieurs en paysage et des ingénieurs en horticulture. Sur le campus de Rennes, l'école forme également des ingénieurs en alimentation et des ingénieurs en agronomie. « Nous formons à tous les métiers du vivant.

Dominique Vollet présente les différentes formations de l'Institut Agro Rennes - Angers.

Par exemple, ici à Angers, vous pourrez devenir paysagiste, responsable de serre ou encore responsable marketing dans des firmes de semences. » En plus de former des ingénieurs, l'école délivre des diplômes de doctorat. « Nous sommes associés à un certain nombre de laboratoires de recherche dans nos domaines de l'agriculture, de l'alimentation et de l'environnement. »

Le mot de la fin par les étudiants

« Nous très heureux aujourd'hui de prendre la parole à l'occasion des 50 ans de l'Expo Flo. En tant que responsables de secteur nocturne, nous souhaitons aujourd'hui mettre à l'honneur le talent incroyable des étudiants de cette école. Si nous sommes destinés à devenir de futurs ingénieurs en paysage et en horticulture nous sommes aussi bien plus que cela. À travers le spectacle nocturne que vous avez pu découvrir ce week-end, les défilés végétaux et les magnifiques décors qui vous entourent, vous avez pu apercevoir la richesse artistique de l'école : le club cirque, la chorale, la danse, le rock, l'orchestre mais aussi les couturiers de grands talents et aussi tous les étudiants qui ont mis leur créativité au service de l'Expo. Nous souhaitons donc remercier chaleureusement les 450 étudiants pour leur engagement durant tout ce magnifique week-end. »

La 24e édition de l'Expo Flo s'est terminée par un défilé végétal accompagné de la musique de l'orchestre de l'école. L'émotion fut au rendez-vous pour les 50 ans de l'Expo Flo.

[1] En 2019, alors correspondant de presse pour La Manche Libre, nous avions rencontré Bernard Laponche, alors qu'il organisait une conférence sur le nucléaire.

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Frédéric Mineur
Journaliste - Réalisateur
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